Mode de vie “mimi” avec Marie Génoist et son fourgon aménagé

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •   
  •  

Envie de voyager ? Le nomadisme vous appelle ? Mais tu as des obligations non compatibles avec une vie sur les routes ? Dans ce nouvel épisode de podcast, Marie Génoist nous parle de son mode de vie “mimi” depuis l’achat de son fourgon aménagé : un mode de vie mi nomade mi sédentaire et minimaliste. Elle nous offre également un aperçu de son cheminement de 10 ans de minimalisme.

Clique ci-dessus sur play pour l’écouter ou clique ici pour le télécharger.

Je te laisse ci-dessous avec la retranscription texte d’un extrait de ce podcast.

Qui est Marie Génoist

Marie : Je m’appelle Marie Génoist, j’ai 41 ans. Depuis 2013 je fais du soutien scolaire à domicile. Je m’occupe d’élèves qui vont du primaire au lycéen, et surtout des collégiens. Et des enfants qui ont des problématiques type dyslexie, dysorthographie, tous les “dys”, y compris les troubles de l’attention. Tous les problèmes de concentration, de concentration, d’organisation du travail. Et depuis le mois de septembre, depuis que j’ai mon fourgon aménagé comme un camping car, je donne les cours chez mes élèves mais dans le fourgon aménagé. J’ai appelé ça soutien scolaire en van.

Charlène : et on peut suivre tes aventures sur le site les caprices d’octave

Marie : oui il y a deux blogs en fait. Il y a le premier blog que j’ai créé en août 2019 les caprices d’Octave qui est axé sur pleine santé et vie nomade. Parce qu’à la base j’ai acheté le fourgon aménagé suite à une prise de conscience et un problème de santé. J’ai pas fait un burn out mais ce n’est pas passé loin. J’ai acheté le fourgon parce qu’il y a eu un véritable élan. Ça faisait longtemps que c’était latent en moi. J’ai créé le blog fin août parce que je commençais à avoir une petite communauté sur instagram qui porte le même nom les caprices d’octave. Et j’avais l’envie d’écrire des récits d’aventure et il y avait pas gens qui voulaient suivre comment je partageais ma vie entre sédentarité et nomadisme. J’ai donc créé les caprices d’octave.

Et il y a le 2e blog soutien scolaire alternatif créé en mars 220 qui lui est beaucoup plus accès sur le soutiens scolaire alternatif, basé sur ma méthode, et quelque chose qui sera beaucoup plus nomade.

Son cheminement de minimaliste

Charlène : Est-ce que tu pourrais nous expliquer quel a été ton cheminement vers le minimalisme ? Quand est-ce que tu as commencé et comment ça s’est passé ?

Marie : Je suis tombée sur une youtubeuse il y a 10 ans de ça et elle parlait d’un livre de Dominique Loreau, “L’Art de l’essentiel. Ça m’a parlé, j’ai tout de suite acheté le libre et ça a été une révélation.

J’avais ça déjà en moi je pense, l’envie de m’alléger. M’alléger de l’extérieur pour finalement m’alléger à l’intérieur. M’alléger dans ma tête. Petit à petit je suis rentrée dans le processus minimaliste. Parce que c’est quelque chose qui prend du temps de se dépouiller. Ce n’est pas une contrainte, c’est tout naturel. Ces 10 dernières années, j’ai commencé à me dire “ça je n’ai plus besoin”. Dans toutes les sphères de la vie pratique. En cuisine, en vestimentaire, bouquins, pour ne garder que l’essentiel. Et avec l’arrivée du fourgon aménagé, il a fallu que je passe un cran supplémentaire parce que je pourrais dire que toutes mes affaires essentielles tiennent dans un fourgon.

Charlène : Que t’as apporté le fait de réduire toutes tes possessions?

Marie : ça a été une sensation de l’alléger. Comme j’ai beaucoup déménagé, entre mes 20 ans et les 40 ans, j’ai du déménager je crois 13 fois. Je déteste déménager. Et à chaque fois, ça a été l’occasion de me rendre compte “mais pourquoi j’ai toutes ces affaires ?” J’avais cette sensation de lourdeur. Ça m’a apporté une grande légèreté et, c’est un peu cette fameuse loi 20/80, qu’il y a 20% des objets qui m’apportent 80% de joie. Donc de la joie, de la légèreté, et la conscience de l’impact qu’on a sur l’environnement. Quand j’achète maintenant quelque chose, je me pose la question, est ce que j’en au vraiment besoin ? Et la plupart du temps c’est non. Donc en plus de la on fait des économies. Et le porte feuille s’en porte d’autant mieux;

Charlène : il suffit de se poser les bonnes questions.

Marie : Maintenant je vais acheter beaucoup beaucoup moins, mais je vais acheter durable. J’ai de moins en moins d’objets mais des beaux objets. Même un livre maintenant, je vais aller vers des éditeurs qui font attention à la qualité du papier et des encres. C’est un peu le corollaire. Quand on tombe dans le minimalisme, on tombe sur quel est mon impact sur l’environnement. Je pense que ça va avec, en tout cas ça a été le cas pour moi.

La préparation du départ en fourgon aménagé

Charlène : Comment s’est passé la préparation du premier départ avec Octave ? Est-ce qu’il y a eu des affaires que tu as eu du mal à faire rentrer ?

Marie : Il se trouve que comme mon processus minimaliste avait déjà 9 ans quand j’ai eu le fourgon aménagé. C’était un processus tout à fait inconscient. En 9 ans, je me suis dépouillée, dépouillée, dépouillée. Et avant même que germe l’idée d’acheter un fourgon aménagé, quelques semaines avant, j’avais eu une grosse vague minimaliste. Un moment j’ai commencé à avoir de l’écho dans mon appartement tellement il n’y avais plus d’objets. Pas en meubles parce que je vis dans un studio, il y a déjà très peu de meubles. J’ai commencé à me départir de bouquins, à faire le tour de ma garde robe, pareil pour la vaisselle, pour tout un tas de choses.

Donc quelques semaines avant que je prenne la décision d’acheter un fourgon, j’avais déjà très très peu d’affaires. Ensuite il y a eu le choix du fourgon. Et quand je l’ai eu au mois de juin, ça s’est fait très facilement. C’était très facile de faire rentrer tous les habits dedans, été comme hiver.

Processus de déménagement

Il s’est passé un truc avec le fourgon aménagé. En général, dans un processus minimaliste, on part des 100% pour aller vers les fameux 20 % d’objets qui nous apportent 80% de bonheur. Avec le fourgon je suis partir de 0. J’avais une boite vide, et je suis partie de 0% pour aller vers les 20 % d’objets dont j’avais vraiment besoin. Donc ça a été un processus encore plus intéressant car je l’ai fait dans l’autre sens.

En terme de vaisselle par exemples, ça n’a pas été de quoi je vais me départir, mais de quoi j’ai vraiment vraiment vraiment besoin. C’est à dire que j’ai pensé toute ma vaisselle de manière très minimaliste, c’est à dire un objet plusieurs fonctions. Par exemple au lieu d’avoir 4 verres, je vais avoir 2 tasses et 2 verres. Puisqu’il y a des verres qui vont servir de tasse et des tasses qui vont servir de verres. Et j’ai tout réfléchi comme ça. Et le fait de passer de 0% à 20%, c’est beaucoup plus facile que je passer de 100% à 20%.

C’est ça qui a été marrant l’année dernière. Ce qui fait que quand j’ai préparé mon premier road trip, parce que je suis partie sur juillet août, ça a été une vraie joie. Et ça a été très facile de préparer tout ça.

L’idée du fourgon aménagé

Charlène : Tu nous expliques que tu as été dans une phase de simplification avant même d’avoir l’idée de partir en van. Est-ce que ce ne serait pas le fait que ton appartement soit devenu trop grand qui t’aurai donné l’idée du van ?

Marie : En fait pour l’idée du van, avant de regarder les camping car, je regardais surtout les tiny house. Le mouvement tiny house, micro habitat, micro maison. J’ai commencé à m’intéresser aux tiny house en 2015. Déjà je me préparais à vivre dans un tout petit espace. Là je suis dans un studio d’à peine 30 m². On ne peux pas mettre grand chose dans 30 m². Donc je m’étais déjà débarrassé de beaucoup de choses d’inutiles. Et finalement je suis passée de la tiny house au fourgon aménagé, ce qui est encore plus petit. Et à un moment donné je me suis dit je vais finir avec un sac à dos.

Octave, fourgon aménagé

Un van a le coté plus voyage, alors qu’une tiny est plus difficile à déplacer.

En fait les tiny house sont à la mode, les prix ont augmenté. Et tout ce qui est législation était un peu compliqué. J’ai eu la flemme de me pencher sur la chose. Non seulement je veux simplifier ma vie pratique, mais j’aime bien aussi simplifier les choses dans ma tête. J’aime bien les concepts simples. Pas simplistes mais faciles et simples. Des concepts minimalistes. Donc je me suis dit qu’est ce qui est plus simple qu’une tiny, ou une toute petite maison en dur.

Au départ c’était la caravane. Mais je me suis dit non je n’est pas pratique. Et puis ca a été le van, le fourgon aménagé. Au départ c’était un van avec le toit relevable. Mais je me suis rendue compte que si je voulais envisager les choses à plus long terme il me fallait un véhicule dans lequel je pouvais me tenir debout. J’ai pris le plus petit véhicule, il fait 5,4m. Ça peut paraître un gros véhicule mais ça se manie très bien et ça rentre dans les places de parking, ça va partout.

Les personnes qui ont lu cet article ont également lu :  Ce que voyager a changé dans ma vie

Le fourgon aménagé permet de développer sa capacité d’adaptation

La première fois que tu es partie avec ton van, est-ce que tu t’es facilement adaptée à ce mode de vie ? Comment ça s’est passé dans ton quotidien ?

Ta question est très intéressante car tu as dit adapté. Et c’est un mot que j’emploi très souvent. Dans la vie en van le mot qui revient c’est souvent la liberté. Quel concept nous attire le plus dans la vie en van, c’est la liberté. Moi j’aime bien ajouter le concept d’adaptation. Parce que oui on est libre, mais il y a quand même des contraintes. Des contraintes de gestion de l’énergie, de gestion de l’eau. Au final les premiers temps ça m’a demandé énormément d’adaptation.

C’est pas parce que j’avais un studio avec peu d’affaires dedans que j’étais adapté à un van en fait. En permanence j’ai du m’adapter pour trouver ma nourriture, pour trouver l’eau. L’énergie c’est facile parce que je suis partie en été et il y a les panneaux solaires sur le toit, donc pas trop de questions à me poser. Mais il faut tout le temps s’adapter en fait. Tout le temps tout le temps tout le temps. Et ça a été un petit peu de stress, j’ai eu des tensions dans le cou.

Relativiser

Et puis on se rend compte que relax, c’est facile de trouver un spot, en tout cas en France. C’est facile de trouver de l’eau. Soit elle est mise à disposition par les communes, soit tu paies mais c’est rien. L’électricité c’est les panneaux solaires c’est l’énergie du soleil. La nourriture, finalement ça t’oblige à chercher les petites épiceries, à faire vivre les locaux. En France c’est une gastronomie et un terroir. Finalement c’est un moyen d’aller vers ce terroir.

Et finalement la contrainte devient libératrice. Dans la contrainte on devient plus créateur. Et c’est une source de joie immense de se rendre compte qu’on sait s’adapter. C’est pas grand chose mais on se sens vivre, et ça amène beaucoup de joie.

Le retour ?

Justement puisque la vie en van t’apporte beaucoup de joie, comment tu te sens quand tu reviens dans ton appartement après un séjour en van ?

Alors ça, ça a été la grande question du mois de septembre ! J’avais passé plus de deux mois dans mon fourgon aménagé. Et j’ai eu la trouille de revenir dans mon appartement. Je me suis dit comment ça va se passer. J’ai eu une petite angoisse du retour.

Ce qui s’est passé, c’est que quand je suis rentrée dans mon appartement, j’ai continué de vider l’appartement dans le fourgon. En général, quand on rentre de vacances, on vide sa caravane, son camping car dans l’appartement, et bien moi j’ai eu le processus inverse. J’ai mis toutes mes affaires dans le fourgon. J’avais pas mis tout à fait toutes mes fringues, toutes mes fringues sont parties dans le fourgon. J’avais pas mis mes affaires de soutien scolaires, en septembre mes affaires de soutien sont parties dans le fourgon. Parce que finalement Octave est devenu mon outils de travail, ce qui n’était pas prévu au départ. C’était la première fois de a vie que je rentrais de vacances, tout en ne rentrant pas de vacances.

Finalement je ne suis jamais rentrée dans mon appartement. Quand j’ai redormi dans mon appartement, ça faisait 15 jours que j’était rentrée dans a région. Au bout d’un moment je me suis dit bon. Le spot le plus proche de chez mes élèves c’était mon appartement. Ça devenait stupide. Je n’allais pas faire des kilomètres pour trouver un spot alors que j’en avait un, mon appartement, ou je peux poser mes roues.

Le rythme mi nomade mi sédentaire

Petit à petit j’ai commencé à y passer une nuit par semaine, puis 2, puis j’ai trouvé mon rythme. Et j’ai adopté le mode de vie que j’appelle le mode de vie mimi. Je suis mimi : mi nomade, mi sédentaire. Je me mets mi nomade en premier. et je me suis organisée. En semaine, puisque le spot le plus proche de chez mes élèves c’est mon appartement je suis sédentaire. Et le week end je m’échappe. J’ai réussi à regrouper mes élèves. Je les vois 3.5 jours dans la semaine. Le reste du temps, je peux aller ou je veux. Pas très loin non plus, il ne s’agit pas de manger des kilomètres. La semaine dernière j’ai dormi à 11 km de chez moi.

La vie en van est souvent synonyme de voyages, mais on peut voyager à deux pas de chez soi. On pourrait se dire j’ai le contrainte de revenir dans ma région, mais ça m’oblige à découvrir les endroits tout près de chez moi. J’ai découvert comme ça des endroits que je ne connaissait pas et qui sont très chouette. Donc quand je suis rentrée en septembre, je l’ai fait tellement progressivement que je ne m’en suis même pas rendue compte et puis j’ai adopté ce mode de vie mimi.

Vie en fourgon aménagé et zéro déchet

Avec le minimalisme, on se pose souvent la question de son impact sur l’environnement, de son impact écologique. Donc le zéro déchet on y vient un moment donné, en tout cas on se pose la question.

Petit à petit ces dernières années, je suis de plus en plus allé vers le vrac. Pour mes cosmétiques, il faut que ça tienne dans une trousse de toilette, et il ne faut pas que ça dépasse. Donc le minimalisme oriente aussi vers le zéro déchet. D’ailleurs j’ai supprimé le dentifrice, purement et simplement. Si je veux de temps en temps un effet un peut blanchissant sur les dent, je vais utiliser un peu de carbonate de calcium, un peu d’argile, un peu d’huile de coco. Mais sinon je vais utiliser des brosses à dent en bois, en bambou. Je vais faire mon déodorant moi même, avec des hydrolats, des huiles essentielles. Je n’utilise plus de coton tiges. J’ai viré tout ce qui était jetable.

Pour ma façon de m’alimenter c’est pareil, tout est simple. Je n’achète pas de produits transformés industriels. Les fruits et légumes ça s’achète en vrac. J’essaye de limiter le plus possible les choses emballées en plastique mais des fois c’est pas simple, c’est vraiment pas simple.

C’est une démarche. Ce n’est pas tant la fin qui est intéressante mais le cheminement. Chacun fait sa petite part. En plus en vivant dans un van j’ai une toute petite poubelle. J’utilise des sacs poubelle 5 litres. il m’arrive de me dire là ça va pas faut que je change ça déconne. Et là c’est pareil les contraintes sont vues comme des libérations. Et en plus ça fait faire des économies.

Pour finir, ses conseils pour les apprentis minimaliste et ceux qui voudrait se lancer dans la vie en van

Se renseigner, lire des livres

Alors pour la démarche minimaliste, ça peut être intéressant de lire des bouquins. Pour être inspiré. Personnellement je n’ai lu que Dominique Loreau et ça m’a tellement parlé qu’après je suis devenue autonome dans mon minimalisme. Et après il faut s’écouter. Moi ça a été un appel de l’intérieur. Ça vient tout naturellement.

Technique du purgatoire

J’ai une technique. Des fois il y a des objets dont on sait que ça ne nous sert plus à rien mais on a encore du mal à s’en débarrasser. Il y a un coté émotionnel. Il y a un sac chez moi qui s’appelle le purgatoire. Je mets les objets de coté et je les laisse là pendant un certains temps, jusqu’à ce que je les oublie. Et si je les oublie, je ne me pose même plus la question. Ça devient naturel, je m’en débarrasse. Ça vient tout seul, il ne faut pas que ça fasse mal.

Première expérience en location

Pour la vie en van, c’est pareil, c’est un appel intérieur. Il y a des chaines youtube, le bouquin de Florent Conti, ma vie en van, un youtubeur. Je sais que des gens louent un van pour une courte période et ils s’essayent, ils voient. C’est ce que j’ai fait aussi plus ou moins un an avant d’acheter mon fourgon aménagé, j’avais loué une roulotte dans le limousin. J’avais essayé pendant une semaine le concept du tout petit espace. Et j’ai su que c’était ça. C’était extraordinaire.

Calculer un éventuel retour

Je m’étais dit au pire, si ça ne me plait pas, comment je revient en arrière. J’avais calculé tout ça. Et il y a toujours moyen de bifurquer, si ça ne convient pas. Tout comme on peut devenir plus nomade, on peut aussi devenir plus sédentaire.


Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •   
  •  
  •  
    5
    Partages
  • 4
  •  
  • 1
4 comments
  1. Tres intéressant, ça m’a donné envie d’acheter le livre et de comprendre le minimalisme

    1. Bonjour et merci pour ton commentaire ! Pour comprendre mieux le minimalisme, tu peux aussi lire notamment cet article de mon blog : https://lezerodechetpratique.fr/le-minimalisme-une-philosophie/

  2. Merci pour cette interview instructive et toute “mimi” 😉
    Parfois, ce sont les circonstances qui poussent à s’intéresser au minimalisme. Ça a été mon cas au début de mon congé sabbatique, avec en particulier la lecture du bouquin “Essentialisme” de Greg McKeown.

  3. Vraiment très intéressant comme projet ! Une belle découverte. Le projet de Marie est aussi bien pour son utilité que pour sa forme !! Merci Charlène pour cette belle rencontre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *